Près de 3.000 entreprises européennes interrogées donnent les grandes tendances de l'année
Issy-les-Moulineaux, le 25 février 2009.
En définitive, les résultats du baromètre suggèrent que les chefs d'entreprises anticipent un net freinage de la croissance en Europe en 2009. Ces résultats masquent toutefois des hétérogénéités importantes parmi les pays. D'un côté, dans les pays subissant indirectement la crise financière (Allemagne, France, Italie, Belgique et Portugal), la dégradation de la confiance est moins brutale. Il convient de noter que, parmi ce premier groupe de pays, les chefs d'entreprises allemands restent relativement optimistes sur les perspectives d'activité en 2009. De l'autre, dans les pays affectés directement par des chocs bien identifiés (récession immobilière profonde, éclatement d'une bulle du crédit), en plus du choc financier (Espagne et Royaume-Uni), les entreprises sont nettement plus pessimistes.
Le moral des patrons de PME-PMI européens s'est nettement détérioré en 2008, en lien avec l'intensification des chocs communs (crise financière, cours des matières premières et de l'énergie) ou spécifiques à certaines économies (crédit, immobilier). Les perspectives des entreprises européennes sont nettement moins favorables que les années précédentes.
Les entreprises européennes sont également pessimistes concernant l'évolution de leur rentabilité.
Ainsi 15% à 25% d'entre elles prévoient une baisse en 2009 (voire 44% en Espagne), un pourcentage en nette progression par rapport à l'année précédente.
La dégradation attendue tient surtout à des facteurs conjoncturels (crise financière, débouchés moins porteurs, hausse des coûts des matières premières, etc.). Au plan structurel, les efforts mis en œuvre depuis le début des années 2000 (désendettement, restructuration) ont permis d'améliorer la santé financière des entreprises et leur capacité de résilience en cas de choc.
La baisse des profits a néanmoins nécessité de recourir davantage à des sources de financements externes. A court terme, la baisse des taux d'intérêt en cours en Europe depuis la mi-2008 devrait permettre aux entreprises de bénéficier de conditions de financement un peu plus favorables.
Le nombre de chefs d'entreprises prévoyant des difficultés d'accès au crédit au cours des prochains mois a augmenté :
Ces tendances résultent des tensions persistantes sur les marchés monétaires, lesquelles ont contraint les banques à durcir leurs conditions d'accès au crédit.
Les résultats du baromètre doivent néanmoins être relativisés. En effet, à l'exception de l'Espagne, 60 à 70 % des entreprises européennes jugent l'accès au crédit « ni facile, ni difficile » ou « plutôt facile ». Ceci s'explique sans doute par le fait que les entreprises semblent aussi anticiper une amélioration progressive des conditions de financement avec de moindre tensions sur les marchés monétaires et dans le sillage des baisses de taux de la Banque centrale européenne (BCE).
Par ailleurs, le nombre d'entreprises européennes ayant l'intention d'avoir recours au crédit est en nette diminution. Cette évolution témoigne à la fois des anticipations de demandes moins fortes, en particulier dans les pays connaissant un repli d'activité plus marqué, mais aussi du resserrement relatif des conditions de crédit et de la hausse du coût du risque. Ainsi, moins de 30 % des PME-PMI françaises envisagent de recourir au crédit au cours des prochains mois.
Les résultats du baromètre suggèrent que le cycle de l'investissement en zone euro devrait marquer le pas en 2009. Dans la plupart des pays, le nombre d'entreprises prévoyant d'augmenter ou de maintenir leurs dépenses d'investissement au cours des 12 prochains mois est en baisse.
Cette réduction des dépenses devrait concerner tous les types d'investissement. Les PME-PMI européennes prévoient surtout de réduire leurs investissements de capacité du fait de la baisse des tensions sur les appareils productifs dans la plupart des pays, en lien avec le freinage anticipé de l'activité. Par ailleurs, les investissements de productivité devraient se poursuivre pour la modernisation des équipements, mais à un rythme plus lent. En effet, à l'exception de l'Espagne, le nombre d'entreprises prévoyant d'augmenter ces dépenses baisse modérément ou reste stable par rapport à 2008.
Les PME-PMI européennes sont affectées par les mêmes chocs :
Au total, compte tenu de tous ces facteurs défavorables, l'investissement productif devrait nettement se replier dans tous les pays européens. L'essentiel de l'ajustement devrait intervenir à la charnière fin 2008 - début 2009.
Les créations d'emploi devraient marquer un coup d'arrêt en 2009.
La chute de la confiance des chefs d'entreprises européens tient à une série de chocs qui ont pesé sur l'environnement global en 2008, notamment le choc pétrolier intervenu en première partie d'année 2008.
L'évolution des prix des matières premières et de l'énergie est citée comme principal facteur de préoccupation des entreprises. La hausse induite des coûts des consommations intermédiaires a pesé sur les marges des entreprises et l'intensité de la concurrence internationale ne leur a pas permis de reporter complètement cette augmentation du coût des intrants sur le consommateur final.
En outre, on note que l'ensemble des phénomènes résultant directement de l'intensification de la crise financière (taux d'intérêt et taux de change) arrive en deuxième position parmi les facteurs de risques cités par les chefs d'entreprises.
Enfin, certains facteurs structurels restent une source importante de préoccupation, notamment la concurrence des pays émergents, en particulier la Chine et les pays d'Europe centrale membres de l'UE, bien que ces derniers soient également perçus comme une opportunité.
Globalement en Europe, une PME-PMI se fait payer, en moyenne, à un horizon de deux mois et une semaine, avec de fortes disparités selon les pays :
C'est au Portugal que l'on observe l'allongement le plus important des délais de paiement depuis 2001, les délais étaient alors de 63 j.
L'Allemagne reste le pays d'Europe dont les termes de paiement (échéance théorique) et les nombres moyens de jours de paiement pratiqués sont les plus faibles malgré une activité exportatrice importante sur des pays à risque.
Le secteur public contribue largement à l'allongement des délais de paiement, surtout au Portugal et en Italie mais aussi en Belgique.
La moyenne des retards de paiement est de 3 semaines. Elle varie néanmoins d'environ 11j en Allemagne et en Grande-Bretagne et à plus d'un mois au Portugal.
Le taux de créances impayés se stabilise globalement en 2008.
Ces chiffres qui retracent l'importance du choc de la crise économique dans les différents pays sont cependant à mettre en perspective avec le nombre d'entreprises en défaillance du pays et surtout les lois et usages sur les défaillances d'entreprises.
Le recours au recouvrement et son évolution sont très disparates selon les pays et les secteurs : tandis que les entreprises allemandes et britanniques tendent à faire moins souvent appel au recouvrement, la tendance est inversée en Espagne et en Italie.
Cela s'explique par les relations commerciales interentreprises, par le cycle de production du secteur concerné et par le rapport de force entre l'acheteur et le vendeur. C'est toutefois un facteur de risque accru de non paiement.
Globalement le processus de recouvrement quand il est lancé, l'est plus d'un mois au-delà de l'échéance théorique de la créance.
Par ailleurs, la facturation des intérêts de retard progresse dans l'ensemble des pays, sauf en Grande Bretagne et en Belgique.
Elle est courante en Allemagne (54 % des entreprises), moins répandue au Portugal, en Italie et en Espagne (respectivement 29 %, 22 % et 21 % des entreprises) et faible en France et au Royaume Uni (respectivement 12 % et 14 % des entreprises).
On note cependant que dès lors qu'ils sont facturés, les intérêts de retard sont très majoritairement encaissés (près de 90% des entreprises).
Les deux tiers des sociétés des pays sous étude font appel à des services externes pour la gestion de leur poste clients même si les services utilisés et les situations sont contrastés selon les pays.
Service le plus fréquemment utilisé, le recours à des avocats progresse encore en 2008 dans plusieurs pays. Les experts comptables viennent en second, puis l'assurance crédit, pour une entreprise européenne sur cinq (exception faite de l'Italie 14%).
Les autres solutions (renseignements commerciaux, affacturage,...) sont utilisées dans les mêmes proportions que les années précédentes, à l'exception de l'Espagne où elles progressent.
Compte tenu du contexte économique, on peut y voir un paradoxe avec le fait que les PME-PMI considèrent notamment l'assurance crédit comme une protection importante de l'entreprise contre toute défaillance des débiteurs, et une mesure de sauvegarde pour sa pérennité.
Pour en savoir plus, les détails de l'étude et les graphiques sont disponibles en format électronique sur demande.
A propos d'Eurofactor :
Eurofactor est numéro 1 de l'affacturage en France, et le premier réseau intégré d'affacturage en Europe, implanté en Allemagne, au Benelux, en Espagne, en France, au Portugal, en Grande- Bretagne et en Italie.
Filiale de Crédit Agricole SA, Eurofactor accompagne le développement de toutes les entreprises en construisant avec elles la solution de gestion du poste clients la mieux adaptée à leur stratégie, à leur secteur d'activité, à leur taille et à la typologie de leur clientèle, en France et à l'International, en développant notamment une offre paneuropéenne, European Pass®.
Pour toute information :
Sylvie Pioche
Eurofactor
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